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#Dossier_de_la_semaine

Mercredi 04 Mars 2026


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Fistule obstetricale : la blessure invisible, des maternités oubliées

La fistule obstétricale, cette déchirure intime, née d’un accouchement long et difficile, transforme un moment de vie en drame social. Elle est l’une des blessures les plus cruelles infligées aux femmes, et pourtant l’une des moins visibles. Techniquement, il s’agit d’un trou entre la vessie et le vagin (fistule vésico-vaginale) ou entre le rectum et le vagin (fistule recto-vaginale). Concrètement, cela signifie une perte involontaire et permanente d’urines ou de selles par le vagin. Une incontinence continue, incontrôlable, qui trahit la femme à chaque instant. On reconnaît souvent une porteuse de fistule à l’odeur qu’elle dégage malgré elle. Mais derrière cette odeur, il y a surtout une souffrance silencieuse.

Des causes connues, une tragédie évitable

La fistule obstétricale est un problème mondial, mais elle sévit principalement dans les pays en développement, là où l’accès aux soins obstétricaux demeure inégal. Ses causes sont connues : absence de suivi prénatal, accouchements à domicile sans assistance qualifiée, mariages et grossesses précoces parfois avant 18 ans, pratiques traditionnelles telles que l’excision, et surtout travail prolongé sans intervention médicale.

Autrement dit, la fistule n’est pas une fatalité biologique. Elle est le symptôme d’un déficit de soins, d’information et de protection des droits des jeunes filles.

Une après maternité à double peine : physique et sociale

Les conséquences dépassent la sphère médicale. Les femmes atteintes dégagent une odeur persistante qui les expose au rejet. Beaucoup sont répudiées, isolées, exclues de leur communauté. Certaines sont refoulées des lieux de culte. D’autres sont accusées de sorcellerie. Toutes, ou presque, souffrent en silence. À la douleur physique, s’ajoute une détresse psychologique profonde. La maternité, censée consacrer la vie, devient un facteur d’exclusion.

Bonnes pratiques pour prévenir et protéger

Pourtant, la prévention est à portée de main. Toute femme enceinte doit fréquenter une structure sanitaire et effectuer au moins quatre (04) consultations prénatales. L’accouchement doit impérativement se dérouler en milieu hospitalier. Après la naissance, une consultation postnatale s’impose, pour la mère comme pour le nouveau-né. Pour les femmes opérées d’une fistule, il est recommandé d’éviter toute grossesse dans les 6 à 12 mois suivant le traitement, grâce à une méthode de planification familiale adaptée. La société, elle aussi, doit agir : combattre les mariages précoces, prévenir les grossesses adolescentes, bannir l’excision et décourager les accouchements à domicile.

Une réponse organisée en Côte d'Ivoire

En Côte d’Ivoire, la prise en charge s’est structurée sous l’impulsion du Ministère de la Santé, à travers le Programme National de Santé Mère-Enfant (PNSME), avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) et de partenaires techniques et financiers, dont l’Agence Internationale de Coopération Coréenne (KOICA).

Sept centres spécialisés sont aujourd’hui fonctionnels à Man, Bouaké, Bondoukou, Korhogo, San Pedro, Gagnoa et Séguéla. Entre 2012 et 2017, 1 984 femmes y ont été prises en charge, avec un taux global de guérison de 85 %. Mais au-delà des statistiques, chaque intervention est une renaissance. Une femme opérée retrouve non seulement le contrôle de son corps, mais aussi sa dignité, sa place dans la société, parfois son foyer.

Les fistules obstétricales ne constituent pas une fatalité. Il faut en parler au personnel soignant dans le centre de santé le plus proche, pour être référé dans un centre de prise en charge. Car, aucune femme ne devrait être condamnée à l’exclusion pour avoir donné la vie. Briser le silence autour de la fistule, c’est déjà commencer à la vaincre.

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dimanche 08 mars 2026 -

▶ Journée Internationale des femmes (Agenda International)

lundi 09 mars 2026 - 09:00

▶ (Avec ISTC) – Cérémonie de remise de certificats de fin de 100 jours de formation de Journalistes Reporters d’Images (JRI) – ISTC Polytechnique – (Cocody-Abidjan)